Mourir de solitude
Encore et encore
Malgré l'habitude
Pleurer sans aurore
Archives de la catégorie : Poésie
Tuer le rêve
Terminé le rêve
Mettre sa joie en veilleuse
Laisser enfermé le brillant glaive
Dans la pierre silencieuse
Corps muet
Parole entravée
Expression muselée
Retrait
Harmonie retrouvée
Tristesse
Tristesse
Se faire des accroires
Qu'on aurait pu enfin se faire voir
S'être fait une joie
Qu'on se rende compte
Qu'on était là
Qu'on existait
Optimisme candide
Mais c'était trop demander
D'être enfin validé
Aux yeux même
De ceux en qui on avait confiance
Vie à l'arrêt
Espoirs déçus
Plonger volontairement dans l'anonymat
Faut pas en faire tout un plat
C'est normal d'être annihilé
Quand on est marqué par l'invisibilité
Trou noir de la honte
Promesses vaines
Coeur en détresse
Tomber dans les craques du système
Qui fonctionne à coup de barêmes
Faut pas chercher loin
Il y a toujours quelqu'un
Qui est plus en besoin
La machine t'a ghosté
Exister est un problème
Tu dois chasser cette humeur morose
Sinon ton âme aussi est en errance
Et les autres, ça les indispose
Quand t'es pas zen
Tu restes avec ton vide
Seul chaque jour
Condamné à l'exclusion toujours
Vaincu
Visage inopportun
Carrousel
L’amour idéal
L'amour idéal
Contraire à la vérité
À l'être profond il fait mal
Ne trouvant pas d'ancrage dans la réalité
L'amour idéal
Par définition inatteignable
Laisse l'être misérable
Écorché vif par le vandale
L'idée ne se préoccupe pas de ce qui est loyal
À ce qui constitue ton essence
Elle se ferme à ta présence
Et reste dans les hauteurs de son cérémonial
Avec la rigueur d'un métronome
L'idéal amoureux bat sa cadence
En ses ressassements il se vautre
Vidant de toute sa substance
L'élan de vie de chaque homme
En lequel pourtant bat le désir de l'Autre
Ah l’amour
Quête amoureuse perpétuelle
Chercher son miroir habituel
Tenter d’imprimer son label
Pour se reconnaître enfin tel quel
Entrer dans ses profondeurs
Sans bien en mesurer la valeur
Vouloir s’approprier cette lueur
Qui fait oublier la peur
Se faire croire qu’on est raccord
Malgré la mécanique folle des ressorts
Qui induit le désaccord
Déjà le déclin mord
Idéalisation de la relation
Dérive des premières émotions
Arrive l’ère des revendications
On veut mettre le traître en prison
Narratif ébloui sur les rapports
Se servir des plaisants transports
Pour contrer la fin du corps
Idéologie de mort
Se rendre compte de la béance
Qui émerge en pleine puissance
Pour bouleverser toutes nos croyances
Et révéler l’inévitable échéance
On a perdu notre passeport
Et on jette ce terrible accord
Même si on croyait qu’il allait conjurer le sort
Pourtant on en veut encore
Et on se remet à jouer les conquistadors
En s’imaginant que cette fois ce sera mieux
Désordres amoureux
Civilisation

Ville

Un banc dans la ville
Petites pousses vertes
Transpercent le matériau inerte
Tentative subtile
D'amener le Vivant ici
Où paraissent aléas et intempéries
Automne

Comme le Feu
En un instant qui passe
Tu embrases l'espace
D'un imprévisible Voeu

Solitude
Te rendre chère
Entrer en désuétude
Tremblement d'ère
