Monde utopique
Rêve chimérique
Masqué à la vue
Te dévoileras-tu?
On te trace
À l'image de sa race
Pas de mélange
L'étranger dérange
On t'imagine
Selon son propre schéma intime
Et se crée une véritable pantomime
Des idéaux de chacun tu origines
Archives de la catégorie : Poésie
Destin
Sombre destin de la nuit
Aux forces de l'ombre tu souris
Accueillant les troublants génies
Qui traversent tes brumes opaques, soumis
À tes désirs de transformation
De tes profondeurs jaillit
Toute regénération
Croire
Croire que les autres sont nos bourreaux
C’est se loger en porte à faux
De ses aspirations intérieures
Comme nos propres démons sont rieurs
Ils se jouent de nous
Ainsi que nous jonglons avec l’existence
Sans chercher plus loin le sens
De ce que nous appelons notre tout
Croire que la guerre est ailleurs
Que dans les viscères batailleurs
De l’oubli des origines
Est une illusion bien maline
Elle se vêt de bon ton
Nous enveloppant du souverain bien
On la savoure comme un bonbon
Dont on veut rester l’éternel citoyen
Croire que l’ennemi est en-dehors
Alors qu’il nous possède depuis lors
Nous l’avons laissé entrer
Il gouverne céans notre pensée
Pensera bien qui rira le dernier
Car nul n’est arrivé
Malgré nombre essais tentés
À déjouer le dictateur infiltré
Croire que la chance nous sourira
Dans la bienséance des idées reçues
C’est tenir en sus
Le trésor qui nous sauvera
©Michaëla Pé
Ère
Ère de la machine
L’être humain s’échine
À éteindre sa vie privée
Sa confidence il a donné
Ère du virtuel
L’être humain s’acharne
À sacrifier ses rituels
Fi de son âme dans la lucarne
Ère de la guerre
L’être humain s’obstine
À nier sa propre terre
Sa lutte n’est pas anodine
Ère de la désaffiliation
L’être humain oublie
Le sens profond de la vie
En son for intérieur il se morfond
Ère de la fuite
L’être humain réduit sa conscience
Il évacue sa naissance
Et sa création reste sans suite
© Michaëla Pé
Mélodie
Légèreté de tes notes
Musicalité du rythme
Tu transformes mon algorithme
Mes pieds maintenant trottent
Oubliée, petite vie vieillotte
Mon coeur en tremblotte
Boire
Retrait du monde
Plus de place
Où laisser sa trace
Années vagabondes
Tenter de se rattacher
Ici ou là
Sans adhérence
Chercher sa chance
Sans la trouver
Que dans sa foi
En son chez-soi
Équilibre délicat
À préserver
Dans l’intimité
Des désirs inavoués
Intérieur fleuri
Espoirs assouvis
Par désaffiliation
À l’intégration
Vaincre le désespoir
En faisant taire
L’élan de boire
Vie contraire
Mains
Les mains, de tristesse, se tordent
Sous les flots de la horde
Des mots
Briseurs d'os
Métamorphose

Enfoncé dans la terre
Jusqu'à rejoindre la mer
De tes entrailles
Qui me renouvellent maille par maille
On a coupé mes branches
Et je semble mort
Ta force vive conjure le sort
Et ma conversion s'enclenche
Lorsque j'aurai bu ta vie
Alors je connaîtrai ta nouveauté
Et j'émergerai de tes humbles flots
Vif, fleuri et épanoui
Par ton regard, ressuscité
Encore je serai beau
Ta fenêtre
Ta fenêtre fut autrefois une porte
Grande et ouverte sur le monde
On accourait de mille lieux à la ronde
Pour connaître tes trésors, par cohortes
Puis le feu du destin est passé
Et ton étincelle de vie s'est envolée
Ne sachant plus où se poser
Suspendue dans l'espace et dans le temps
Parfois ranimé lors de précieux moments
Grâce à la petite flamme insuflée
Par ceux qui voulaient donner
Tu es resté miraculeusement vivant
Cherchant toujours à te manifester
Et puis il y eut l'autre porte
Celle qui masquait l'ancienne ère
On la trouvait là-bas derrière
Comme si on voulait de la sorte
Briser ta magie première
Maintenant cette porte donne sur la rue
Mais malgré la brise avenante
Qu'on tente d'y faire circuler
Ta présence reste vacante
Et je désire toujours ta venue
En attendant que tu sois invité à entrer
Pour de ton regard faire renaître
Les espoirs à être
Je suis seule à ta fenêtre
© Tendre rive
Chape

Froidure de l'hiver et de la nuit
De vastes sillons tu creuses
Dans mon écorce blanchie
En apparence malheureuse
Ta lourde chape de glace
Qui me couvre et m'embrasse
Ravive pourtant ma flamme intérieure
Par ta grâce je baigne dans une douce tiédeur
© Tendre rive
