
Lorsque j'attends ta venue
Tu livres ton doux reflux
Source Vivante
Tes flots chantent
© Tendre rive
Michaëla Pé, poésie et arts visuels © Tous droits réservés

Lorsque j'attends ta venue
Tu livres ton doux reflux
Source Vivante
Tes flots chantent
© Tendre rive

© Tendre rive

Enfoncé dans la terre Jusqu'à rejoindre la mer De tes entrailles Qui m'enserrent maille par maille On a coupé mes branches Et je semble mort Ta force vive conjure le sort Transformation franche Et la régénération s’enclenche Lorsque j'aurai bu ta vie Alors je connaîtrai ta beauté Et j'émergerai à nouveau Vert, fleuri et épanoui Par ton regard, ressuscité Encore je serai beau
Ce qui construit une vie
Dépend de beaucoup d'éléments
Partant du plus petit
La petite flamme de l'Esprit
Au plus grand
À tous ces événements
Qui bousculent l'univers
Pour faire naître un enfant
Lui faire rencontrer Ciel et Terre
Ce qui métamorphose
Un état morose
En une myriade de bons moments
C'est les petites choses
Toutes en finesse
Qui nous animent
Font sortir de la déprime
Famille de couleurs
Qui s'unissent sans cesse
Pour faire sortir du malheur
L'être vacillant
Qui a mal en-dedans
La pauvreté
C'est de ne pas se connaître
De ne laisser apparaître
De soi, de son être
Que la périphérie attristée
De ne s'être pas trouvée
D'avoir manqué
De la droiture nécessaire
N'avoir connu
Que des aspérités
Comme unique fondement
Aux assises primaires
Qui aspirent à pousser
Cherchant vivement
Leurs réels parents
Désirant être entendu
Découvrir ses richesses
Un immense défi
Pour une personne sans habits
Nue de communauté et d'amis
Qui n'a pas appris
Que la vie
Est en dedans
Souffle manifesté
De l'ultime présence
Celle qui guérit de l'absence
Don absolu d'éternité
© Tendre rive
Plus d'espace pour respirer
Comme si ma vie m'était enlevée
L'oxygène ne parvient plus à entrer
Et tousse et tousse
Tout l'air qu'il me reste pousse
Pour sortir en espérant
Faire de la place
Pour une autre bouffée
Qui le remplace
Mais aussitôt inspiré
Il cherche à s'en retourner
Appelé vers l'extérieur
Plus de souffle en-dedans
À l'intérieur tout est comprimé
Je n'ai plus rien à donner
Plus de vent voyageur
Qui circule à toute heure
Rallier ma respiration initiale
Revenir à cette haleine fondamentale
Je cherche dans la tourmente
Des allées et venues épuisantes
Ce retour à la régularité
Port d'attache où ancrer
L'équilibre du balancier
Respir à récupérer
© Tendre rive
Faut être fait fort
Pour se promener sur la rue
Sans marcher dans les sentiers battus
Le regard qu'ils m'ont jeté
Elle est toute débraillée
Pour eux, faut avoir de l'allure
Lorsqu'on va jambes nues
Qu'elles sont toutes rasées ou épilées
Tout va pour le mieux
Ils sont soulagés on est harmonieux
Leurs yeux ont suivi mon corps
Se sont accrochés
Chevelure embroussaillée
Cernes marqués, robe froissée
Sandales effilochées
Ils m'ont détaillée
Encore et encore
Pourtant ça n'a pas pris de temps
En deux minutes j'étais jugée
J'ai vu qu'ils n'ont pas apprécié
Que je sois sans belle parure
J'aurais voulu m'en foutre
Laisser mes ressentis dans une outre
Scellée, rien ne peut déborder
Mais je n'ai pas réussi
Tout de suite j'ai senti
Leur look calculateur
Qui m'a donné une cote, sans faveur
Y a rien de plus roffe
Moi parfois j'ai pas l'étoffe
Pas le temps de dire ouf
Je sens qu'on m'étouffe
Faudrait que j'aie plus d"assurance
Pour pas m'en faire
Que ça ne me jette pas à terre
Avec ce goût de rance
Y a des jours où ça va bien
Je me dis que ça leur appartient
En tout cas c'est peu de le dire
Le jeu des apparences
Ça laisse des traces qui aspirent
La confiance
Quand on y pense
Moment sans sourire
Même si on est blindé
C'est tellement fort qu'on est affecté
Faudrait tous être aveugles pour voir la vérité
De chaque être manifesté
Dans son absolue beauté
Si les gens avaient pas ce travers
Et pouvaient voir l'univers
De l'autre
Chaque sensibilité serait la nôtre
Et on s'en ferait pas autant
Ça ne nous rentrerait pas dedans
Pour nous plonger dans le désespoir
Être rejetée
par la pointe acérée
Des yeux noirs
© Tendre rive
Aucun regard à leur donner
Ont-ils le droit d'exister?
Tout ce qu'on voit
C'est ce qui ne nous convient pas
Parce que ça nous remet en cause
Sans qu'on reconnaisse la chose
On empile ce qui fait trembler
Notre petit ordre établi
Dans ce coin béni
De notre déni
Pas grave si ces gens souffrent
En autant que pour nous
Il n'y ait aucun remous
Qu'on ne soit pas au bord du gouffre
Vertigineux
De la prise de conscience
Des inégalités qui divisent
Toutes les balises
Qu'on s'est bâti
Pour le mieux
Représentent une sacrée alliance
Il y a nous et eux
Et c'est ainsi
© Tendre rive
J'ai pu d'place à l'intérieur
Tellement tu joues ton rôle de voyeur
De mes énergies internes
Tu m'tiens dans les teintes ternes
Des eaux brouillées
D'un terrible jeu
Parce que tout c'que tu veux
C'est pouvoir me garder
Sous ta coupe
Agenouillé
Sans accès à aucune loupe
Pour prendre de la distance
Et expérimenter la paix
Le calme mental
Tu le hais pour vrai
Parce que ça me sort du mal
Que tu fais
Ça ouvre la porte
À ce qui fait sens
Éloigne les émotions mortes
Qui sont le sel de ton existence
De quel puits sans fond tu arrives
Tout c'que tu m'fais faire
Pour continuer de m'contrôler
C'est la galère
Tu te concentres sur les apparences
Et tu m'éloignes de la communion
Qui mène à la rédemption
Comment me libérer
De toi le cancer
Des pensées obsessives
© Tendre rive
Poème écrit pour exprimer le ressenti d’une femme lors de la pratique sexuelle de la gorge profonde, ou « deep throat »
Ployer la gorge pour respirer
Une branche bouche le passage
Ta soif force le mariage
T'épouser à en crever
Je tombe dans la caverne
Inconscience
Poumons en berne
Oublier toute présence
Tu continues jusqu'à l'onde
Qui de toi inonde
Ma tendre chair meurtrie
D'où fuit toute vie
Gorge profonde
© Tendre rive