

Michaëla Pé, poésie et arts visuels © Tous droits réservés

Tristesse
Se faire des accroires
Qu'on aurait pu enfin se faire voir
S'être fait une joie
Qu'on se rende compte
Qu'on était là
Qu'on existait
Optimisme candide
Mais c'était trop demander
D'être enfin validé
Aux yeux même
De ceux en qui on avait confiance
Vie à l'arrêt
Espoirs déçus
Plonger volontairement dans l'anonymat
Faut pas en faire tout un plat
C'est normal d'être annihilé
Quand on est marqué par l'invisibilité
Trou noir de la honte
Promesses vaines
Coeur en détresse
Tomber dans les craques du système
Qui fonctionne à coup de barêmes
Faut pas chercher loin
Il y a toujours quelqu'un
Qui est plus en besoin
La machine t'a ghosté
Exister est un problème
Tu dois chasser cette humeur morose
Sinon ton âme aussi est en errance
Et les autres, ça les indispose
Quand t'es pas zen
Tu restes avec ton vide
Seul chaque jour
Condamné à l'exclusion toujours
Vaincu
Visage inopportun
Légèreté de tes notes
Musicalité du rythme
Tu transformes mon algorithme
Mes pieds maintenant trottent
Oubliée, petite vie vieillotte
Mon coeur en tremblotte

Lorsque ton clair sourire
Se pose sur ton visage
Comme un magnifique don
Qui illumine le paysage
Il fait frissonner mon coeur
Me remue en profondeur
Rallume le désir
De ma terre intérieure
Laissée à l'abandon
Lorsque ta présence familière
Fait tressaillir mon âme
Elle redonne à la vie tout son sel
Me plonge dans le mystère
Où ton amour fou ruisselle
Et mon corps se pâme
De tant d'irrésistible fraîcheur
Éperdu il te réclame
Viens m'envelopper de ta flamme
© Tendre rive