Ère

Ère de la machine
L’être humain s’échine
À éteindre sa vie privée
Sa confidence il a donné

Ère du virtuel
L’être humain s’acharne
À sacrifier ses rituels
Fi de son âme dans la lucarne

Ère de la guerre
L’être humain s’obstine
À nier sa propre terre
Sa lutte n’est pas anodine

Ère de la désaffiliation
L’être humain oublie
Le sens profond de la vie
En son for intérieur il se morfond

Ère de la fuite
L’être humain réduit sa conscience
Il évacue sa naissance
Et sa création reste sans suite

© Michaëla Pé

Enfoncé dans la terre

Enfoncé dans la terre
Jusqu'à rejoindre la mer
De tes entrailles
Qui m'enserrent maille par maille 

On a coupé mes branches 
Et je semble mort 
Ta force vive conjure le sort 
Transformation franche
Et la régénération s’enclenche 

Lorsque j'aurai bu ta vie
Alors je connaîtrai ta beauté
Et j'émergerai à nouveau
Vert, fleuri et épanoui

Par ton regard, ressuscité
Encore je serai beau